Pour tout savoir sur le massage Abhyanga

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L’Abhyanga ou la merveilleuse

alchimie purificatrice

d’un massage multimillénaire

En Inde, le massage est une tradition pratiquée depuis des millénaires par les mères sur leurs enfants comme moyen de renforcer la santé et d’encourager une bonne croissance, tout en stimulant le système immunitaire. Dans les textes de médecine ayurvédique, il est surtout question d’oléation du corps, ce que signifie le terme abhyanga en sanscrit. Les connaissances et techniques des différents massages ont été essentiellement transmises oralement, et elles continuent de l’être dans le cadre de cliniques et instituts ayurvédiques. J’ai moi-même reçu la transmission de la pratique du massage Abhyanga des docteurs Partap et Keshav Chauhan, de l’institut Ayurvédique Jiva de Faridabad.

Si les techniques du massage ne sont pas évoquées dans les Védas (textes sacrés de l’Inde), ses bienfaits sont décrits dans l’Asthanga Hridaya, recueil daté d’il y a environ 1000 ans qui a permis l’élaboration des ouvrages de médecine ayurvédique tel que la Caraka Samhita et la Susruta Samhita. La fonction principale de la pratique du massage est d’équilibrer les humeurs et de renforcer les tissus et toutes les fonctions de l’organisme, tout en apaisant notre esprit. Les effets des divers mouvements de frottement, lissage et pétrissage stimulent la circulation du sang et renforcent les glandes endocrines. Le système immunitaire relié par la lymphe est à son tour stimulé ainsi que tout le système nerveux. Ceci permet à l’organisme une plus grande résistance aux effets du vieillissement physique et mental ainsi qu’une meilleure capacité d’adaptation aux multiples changements de l’environnement. Sur un plan énergétique, par la stimulation consciente de ces éléments dans le corps, l’Abhyanga permet de solliciter l’énergie vitale ou prana, de renforcer la bonne circulation de cette énergie à travers les circuits énergétiques, les nadis et d’équilibrer les chakras, tant au plan physique qu’émotionnel.

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Dans la tradition védique, le corps humain est considéré comme un temple et il est demandé à chacun de prendre soin de lui. Il s’agit de le nourrir et de l’entretenir, de veiller à ce qu’il soit dans de bonnes conditions pour qu’il puisse accomplir correctement toutes ses fonctions naturelles mais aussi qu’il soit le lieu privilégié de notre développement spirituel. Il est du devoir du pratiquant de naître une deuxième fois en accédant à un niveau supérieur de la Conscience. Si la première naissance est d’ordre parental, la seconde nécessite un travail de purification, d’allègement et de prise de conscience. Nous naissons dans un corps avec l’héritage de nos parents, avec le poids énergétique de ceux-ci et il nous est demandé selon le Dharma (la loi universelle) de sacrifier sur l’autel de la conscience les conditionnements sclérosants et les tendances névrotiques. Les conséquences de ce mouvement sacrificiel seront de ne plus être enchaîné(e) aux contingences ancestrales, aux caractéristiques héréditaires charnelles et organiques, ainsi qu’aux habitudes répétitives.

Il convient d’intégrer cette dimension sacrificielle dans la lecture et la compréhension du terme abhyanga. En effet, ce massage traditionnel originaire du sud de l’Inde qui se déroule sur tout le corps se présente avant tout comme une pratique d’élimination des toxines, qu’elles soient organiques, psychiques, émotionnelles ou énergétiques.

Le massage traditionnel Abhyanga relève en premier lieu de l’élément FEU. Celui-ci est omniprésent dans l’univers sous des aspects et des niveaux de compréhension multiples (de la plus grossière à la plus subtile). Le feu peut être autant dévastateur que transformateur, meurtrier que purificateur. C’est une constante, un élément indissociable de la vie, du moment de notre naissance jusqu’à notre mort. De tous les éléments, c’est certainement le plus actif, celui qui opère et permet les transformations, la purification nécessaire à notre incarnation.


Feu
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Le principe Feu est symbolisé par le terme sanscrit AGNI qui vient de la racine AG signifiant « mise en action, en mouvement, dans un processus de transformation ». Il est le principe essentiel et agissant de tout ce qui vit. Agni est la dimension créatrice dans l’homme. Il est considéré comme l’agir primordial.

Chaque être vivant grandit s’il s’alimente, et meurt lorsqu’il reste sans se nourrir. Une vie détruite contribue au maintien d’une autre. Alain Daniélou évoque souvent la dimension du perpétuel sacrifice de chaque phénomène vivant : « étrange destinée qui oblige toute chose vivante à dévorer d’autres choses vivantes pour survivre… à chaque instant, des formes innombrables de feu dévorent quelque forme de vie, de combustible. Tous les aspects de la combustion, de la digestion sont des formes de feu » (1). Agni symbolise les différents degrés de température, les multiples étapes de la combustion, tout ce qui se consume et se digère.

Roger Guénon rapproche Agni de Anga qui signifie « membre » (bras, jambes). D’ailleurs Agni est représenté le plus souvent avec trois jambes et sept bras et véhicule ainsi cette volonté d’agir, d’aller dans des directions précises. Cette représentation sous forme de divinité de l’élément Feu a un caractère opérationnel. Les deux têtes évoquent l’indispensable polarité de toute substance vivante. C’est aussi l’évocation des deux silex qui produisent une étincelle. La hache qu’une de ses mains brandit symbolise l’action de trancher, de couper les liens du passé. Le feu est grand dévoreur de temps. Agni chevauche un bélier, animal qui représente l’impétuosité, les pulsions, la puissance et l’intensité du vouloir, de l’action. Agni représente les sacrifices nécessaires et permanents qui se réalisent, de gré ou de force. Il attise éternellement ce feu intérieur qui nous fait grandir et qui nous élève.

 

Si l’Abhyanga interpelle l’élément Feu, il sollicite également la notion de mouvement, de déplacement que représente l’Air. Ce dernier attise le Feu. L’air doit être régulé pour que la chaleur soit suffisante et puisse détruire et/ou transformer les scories, comme le plomb se transforme en or. En fonction du terrain humoral de chaque récipiendaire du massage, un protocole adapté est utilisé afin de réguler le feu et l’air en fonction de la personne massée.

 

Enfin, la Terre est sollicitée car la cosmologie védique précise que la Terre est la résidence du Feu. Est-ce la raison qui explique que nombre de personnes qui ont reçu un Abhyanga témoigne de cette sensation d’ancrage, de solidité intérieure, d’incarnation ?

 

L’Abhyanga se pratique en 48 minutes (durée symbolique, multiple de douze, qui correspond à un cycle physiologique) temps nécessaire et suffisant pour que le corps se régénère. Chaque partie du corps est massée est profondeur, des pieds à la tête. L’enchaînement des mouvements respecte certaines règles (sens de circulation de l’énergie, progression particulière, etc.) mais laisse aussi une grande place à la créativité, à l’écoute du corps du massé. Chaque masseur a le loisir d’insister sur une partie du corps particulièrement tendue, d’effectuer des mouvements ciblés ou plus globaux. L’Abhyanga assouplit et nourrit la peau, les muscles, calme le système nerveux, détend en profondeur et apaise les diverses formes de douleurs physiques. Par son côté englobant et ses grands mouvements lissants, il facilite les circulations énergétiques, lymphatiques, sanguines ; il élimine les tentions là où on ne les soupçonnait plus, réduit la fatigue en procurant un bon repos et un relâchement efficace. Il renforce la vitalité. Le travail de digestion et d’élimination se font mieux (problèmes de constipation, sécrétions intestinales et gastriques, etc.). L’Abhyanga augmente le prana (l’énergie vitale), la force, la souplesse et la résistance physique du corps. Il aide tout simplement le corps à rester jeune et en pleine forme ! Au-delà du corps physique, ce massage améliore la concentration et la confiance en soi.

Les huiles associées à ce massage permettent d’en décupler les bienfaits. On les choisit en fonction des différentes parties du corps et selon la nature de chaque personne. La base est de l’huile de Sésame dans lequel des herbes médicinales ont macéré. La meilleure saison pour le recevoir est le printemps, lorsque le corps cherche à se libérer de ses toxines et graisses hivernales.

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(1) Alain Daniélou – Mythes et Dieux de l’Inde – Ed. Flammarion

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